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Ouvrir une cave à vins : les débuts

Vous aurez sûrement remarqué que j’ai été moins présente ces dernières semaines par ici. J’avais une excellente raison à cel : je me suis consacrée à 1000% à mon projet d‘ouvrir une cave à vins dans ma ville. Comme elle a ouvert début juin, j’ai eu envie de vous faire un petit débriefing de mes débuts, de mes premières impressions, de mes premiers retours d’expérience.

Comme je vous l’avais déjà expliqué dans cet article, j’ai décidé il y a quelques mois de donner un tournant à ma carrière et de me lancer dans ce projet fou d’ouvrir une cave à vins. En quelques mois donc, j’ai non seulement trouvé une surface commerciale, monté un dossier pour les douanes, parcouru toute la France pour constituer mon stock mais encore accueilli et conseillé mes premiers clients. Je vous propose de faire un topo de ces derniers mois dans un article à nouveau assez personnel. Si cela peut donner l’envie ou inspirer certains d’entre vous, c’est tout bénéfice !

La décision

Tout grand projet commence par des choix, et donc des décisions à prendre. Comme je ne venais pas du tout du milieu viticole, ce changement a dû faire l’objet de choix, alors que j’avais d’autres opportunités professionnelles qui se présentaient dans le même temps (dans le secteur dans lequel je travaillais de base). J’ai avant tout contacté une personne dans mes connaissances qui avait aussi lancer un concept similaire, bien qu’avec certaines différences. Comme son retour était extrêmement positif, et que son message était clairement “fais le ! Tu ne le regretteras pas !” et comme mon esprit a besoin de challenge, de stimulation, j’ai décidé de foncer dans ce projet de cave à vins.

Le choix de l’endroit

Comme j’ai une petite tendance à ne pas forcément faire les choses dans l’ordre, et de surtout faire le plus fun d’abord, j’ai d’emblée fixé des rendez-vous pour visiter des surfaces commerciales. Loin de moi l’idée de trouver directement mon bonheur. Il m’a fallu 3 visites ! Après la 2ème, le promoteur immobilier, grand amateur de vin, me propose de me faire visiter une nouvelle surface commerciale qui n’est pas encore mise en location, mais qui dispose d’une cave.

3 jours plus tard, je pose mes premiers pas sur un magnifique parquet, je m’émerveille devant une énorme étagère en bois, devant les moulures au plafond, et je m’extasie enfin quand on descend à la cave, qui fait toute la surface du magasin. Et pour couronner le tout, le promotteur, qui est en fait le nouveau propriétaire du batiment, me fait un rabais sur le loyer les deux premières années, pour m’aider à me lancer. J’avais presque envie de lui sauter dans les bras mais je me contente alors d’un simple “vous voulez vraiment que ce soit moi qui le loue !”. Bref, si c’était pour lancer ce projet, c’était ici !

Les démarches administratives

Une fois la promesse de location faite (j’ai insisté pour signer le bail qu’après mon business plan établi), il était l’heure de la raison, et des formalités administratives. Comme mon projet était éligible à des primes, j’ai dû me lancer dans un plan financier en bonne et due forme. Fort heureusement, des organisations existent pour épauler dans ces démarches parce que je n’y connaissais ABSOLUMENT RIEN du tout ! De plus, la région propose des chèques entreprises qui réduisent drastiquement la facture de cet accompagnement. Comme je suis assez intuitive, pour ne pas dire légèrement impulsive, l’exercice a été aussi difficile qu’instructif. Pas évident de coucher par écrit des intuitions ! Et comme ma tête bouillonne d’idées dans ce genre de moment, il faut apprendre à canalyser et à faire une étape à la fois.

Le plus contraignant pour moi a été de recevoir les autorisations des douanes pour importer du vin. Pour ouvrir une cave à vins d’importation directe, il faut obtenir une autorisation de destinataire enregistré. La meilleure image qui me vient à l’esprit pour résumer ces démarches est le parcours d’Astérix et Obélix dans “Les douze travaux d’Astérix”. Quand on pense qu’avec mon chéri on cumule un paquet de diplômes et qu’on se sent débile à ne pas comprendre comment remplir un simple formulaire de 4 pages, ça vous donne une idée… Bref, le graal finit par arriver, et je reçois mes autorisations d’importation directe.

Contexte sanitaire

Inutile de vous rappeler les derniers mois que l’on vient de passer. Mais évidemment, lancer un projet de commerce, dans l’importation de produits étrangers, dans un contexte de crise sanitaire n’était pas forcément le plus évident. Néanmoins, bien que bon nombre de personnes me demandent si ce n’était pas trop osé d’ouvrir un commerce en pleine pandémie, j’ai eu confirmation auprès des vignerons et de cavistes qui travaillent avec les particuliers : la vente de vin s’est extrêmement bien portée pendant la crise. Considérés comme des commerces essentiels, les cavistes ont vu leur chiffre d’affaire exploser, à condition d’avoir une clientèle composée principalement de particuliers.

Le road-trip

Dans mon projet d’ouvrir une cave à vins, il était important à mes yeux de partir à la rencontre des vignerons que j’allais représenter dans mon commerce. J’ai donc programmé un road-trip de 2 semaines et demi à travers la France. Ce tour de France a dû s’organiser bien à l’avance, en prenant contact avec les vignerons et vérifier leurs disponibilités. En fonction de cela, j’ai établi un programme bien ficelé pour me permettre de rencontrer tout le monde dans les temps. A nouveau, le contexte sanitaire m’a imposé de partir toute seule. En effet, en tant que professionnelle, je n’étais pas imposée par la quarantaine en rentrant, mais mon compagnon ou l’une ou l’autre copine qui voulait venir avec moi n’auraient pas eu ce privilège. Je suis donc partie toute seule sur les routes de France, pour un périple de 8500km. Et oui, j’ai dû faire 3 fois l’aller-retour avec la Belgique pour libérer de la place dans la camionette et protéger les vins de la chaleur (bien que dans la première moitié du périple, ma marchandise a été bien protégée par la pluie).

La route ne m’a jamais fait peur. J’aime conduire, que ce soit sur de longues autoroutes (de préférence dégagées) ou encore sur de petits chemins de campagne. Néanmoins, je mesure ma chance de n’avoir eu aucun problème technique. Pas de crevaison, pas d’accrochage, et même pas de flash ! (Ce qui est assez exceptionnel, au vu de l’amour de la France pour les radars).

Décoration du magasin

Le point positif du fait que mon chéri n’ait pas pu venir avec moi est qu’il était donc présent à la boutique pour avancer dans les préparatifs. A l’aide de mes beaux parents, ils ont peint, nettoyé, décoré, aménagé l’électricité pour que mon lustre magnifie ma pièce de dégustation… Bref, je n’aurais rien pu faire sans eux ! Au fur et à mesure de leurs avancées, je sentais mon stress s’envoler.

L’ouverture

Au vu des mesures encore en vigueur, je n’ai pas pu faire de fête d’inauguration. J’ai donc juste fait un petit verre de remerciement la veille au soir de l’ouverture avec les personnes proches qui nous ont aidé à la réalisation du projet. Et le jour-J est enfin arrivé. Bizarrement, je ne me sentais absolument pas stressée. Comme nous avions fait une séance photo 2 jours avant, le magasin était déjà fin prêt. Les clients pouvaient venir, j’étais prête ! Et quel bonheur de voir la porte s’ouvrir une première fois, puis une deuxième. Quel bonheur également de rencontrer des personnes totalement inconnues, qui ont suivi mon périple sur les réseaux sociaux. Ca marche ! On me connait déjà ! Grand ouf de soulagement !

Ouvrir une cave à vins est synonyme pour moi de partage

Après une journée épuisante physiquement et émotionnellement, mes copines sont venues me rejoindre pour découvrir la boutique, trinquer à mon projet, puis m’ont raccompagnées jusque chez moi pour fêter mon anniversaire… Le pied !

Après un mois…

Un mois plus tard, ma tête continue de fonctionner à 100 à l’heure. D’une part je suis heureuse de voir le travail accompli ces derniers mois et d’un autre côté l’été est arrivé, ce qui ralenti un peu le rythme de vie général. Je m’octroie donc le temps de me poser, de réfléchir aux projets que je veux mettre en place. En priorité, j’ai donc lancé des ateliers de dégustation à domicile, car je trouve l’idée de se retrouver en groupe pour une dégustation vraiment sympa et facilement applicable en été, et le rythme plus cool me le permet.

D’un point de vue privé, il est clair que travailler 6 jours sur 7 va complètement à contre-courant de mon état d’esprit qui vise plutôt à ralentir. Mais je relativie. Je me dis que c’est transitoire et que c’est une étape indispensable pour mettre les choses en place correctement et avec un filet de sécurité. Je continue en effet à travailler à mi-temps comme salariée pour m’assurer un revenu fixe confortable. Le point positif que j’en ressors jusque maintenant c’est que comme je travaille beaucoup, je ne me cantonne plus à faire des choses uniquement le week-end, et je prends les choses comme elles viennent. Les copines veulent aller boire un verre un jeudi soir ? Pas de soucis, ça ne me change pas grand chose au final. Par contre, je reste vigilante à me dégager des break pour ne pas enchaîner tous les soirs et être épuisée. Et puis c’est important de se retrouver en amoureux dans un rythme effréné.

J’espère que mon récit sur “ouvrir une cave à vins : les débuts” vous a plu. Et vous, avez-vous déjà changer radicalement d’activité comme cela ? Ou rêvez-vous de mettre en place un projet ? N’hésitez pas à me partager, je suis curieuse 😉

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6 commentaires sur “Ouvrir une cave à vins : les débuts”

  1. Bonsoir Clémence,

    Ton histoire m’a touchée. Et tu es sur la bonne voie. La pandémie ne nous aura pas épargnée et en même temps elle fera ressortir le meilleur en nous, j’en suis sûre. Comme toi, je suis un chemin en plein changement. Ce n’est pas tous les jours faciles et heureusement comme toi, j’ai le soutien de mon mari et nous sommes ensemble dans l’aventure. Au travers de ton article, en ressort plein de volonté et de force. Pour conclure, je te souhaite un beau succès. Si l’occasion se présente, je passerai la porte de ta cave à vins. 😉 cela me fera des vacances ( nous sommes de Belgique 🇧🇪)

  2. Bonjour, merci de partager avec nous cette magnifique expérience de l’ouverture de la cave à vins, je tire mon chapeau et je vous dis félicitations parceque vous avez réalisé votre projet, ça n’a pas été facile mais il est arrivé a maturation, encore toutes les félicitations!😊

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